Le 1er avril 2026, Sébastien Lecornu, Premier ministre, a dévoilé les grandes lignes du plan d’électrification de la France. Ce projet ambitieux vise à réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures importés, dont les coûts ont fortement augmenté au fil des crises politiques. Les ministres concernés ont 1 semaine pour soumettre leurs propositions, avant une présentation officielle du plan la semaine suivante. 

L’objectif est clair : faire passer la part des énergies fossiles dans le mix énergétique français de 60 % à 40 % d’ici 2030, en misant sur l’électrification des transports et des bâtiments. Pour y parvenir, plusieurs axes prioritaires ont été définis, combinant mesures sectorielles et innovations financières. 

De plus, un soutien financier annoncé avec un budget de 10 milliards d’euros par an d’ici 2030 ainsi qu’une réorientation des aides publiques vers les usages électriques.  

Décarbonation des modes de transport : une priorité nationale 

Le Premier ministre a souligné la nécessité d’accélérer ce plan d’électrification, en insistant sur le fait que l’enjeu dépasse désormais la seule question climatique pour devenir une priorité d’intérêt national. Cette urgence est renforcée par le contexte spécifique de la crise énergétique liée à la guerre en Iran. Il a ainsi chargé Roland Lescure, ministre de l’Économie, de piloter cette transition, avec des échéances majeures fixées à 2030 et 2035. 

Parmi les mesures phares, une offre de location de véhicules électriques sera mise en place prochainement, spécifiquement destinée aux professions dont l’activité dépend fortement de la voiture, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants. Ces métiers, particulièrement touchés par la hausse des prix de l’essence et du gazole, bénéficieront ainsi d’une alternative plus économique et durable. 

Mobilité routière et transport maritime : ce qu’il faut retenir 

  • Renforcement des dispositifs de soutien notamment le leasing social et les aides spécialisées pour les professionnels.  
  • Atteinte d’un ratio de 2 véhicules électriques sur 3 et production de 1 million de véhicules électriques par an à l’horizon 2030.  
  • Objectif de décarbonation complète des mobilités routières dans des zones tests. 
  • Déploiement de solutions technologiques (électrification, biocarburants, carburants de synthèse) pour décarboner la flotte de pêche 

L’impact du plan d’électrification sur les Certificats d’économies d’énergie Transport  

Dans ce contexte, les pouvoirs publics se reposent sur un dispositif largement éprouvé pour son efficacité à accompagner la transition énergétique : les certificats d’économies d’énergie  

Le plan d’électrification devrait renforcer l’impact des fiches CEE pour le transport selon le modèle suivant :  

FicheBonification actuelleA partir du 1er juin 2026
(selon projet en consultation)
Véhicule utilitaire léger neuf (Personne physique)​ Bonification x4 Bonification x3 à x7  
(selon le poids du véhicule) 
Véhicule utilitaire léger neuf (Personne morale)​ Bonification x4 Bonification x3 à x7  
(selon le poids du véhicule) 
Autocar/Autobus​ Bonification x4 Bonification x4 
Véhicule lourd​ Bonification x4 Bonification x4 à x9  
(selon le poids du véhicule) 

En savoir plus sur la bonification Autocar et autobus

Sortie du gaz dans les logements neufs et le parc social 

Le logement était également à l’honneur du plan d’électrification, avec un mot d’ordre : accélérer la sortie du chauffage au gaz en faisant du « chauffage électrique la norme, là où il est encore l’exception » (Sébastien Lecornu, Premier ministre) 

Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, est missionné pour définir les modalités pratiques permettant d’éliminer le gaz dans les logements neufs et ceux du parc social. L’enjeu : adapter les aides à la rénovation pour favoriser l’installation de pompes à chaleur et d’équipements électriques pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. 

Les annonces à retenir :  

  • Fin de l’installation des chaudières à gaz dans les logements neufs dès la fin 2026. 
  • Objectif d’installation d’un million de pompes à chaleur par an d’ici 2030  
  • Déploiement d’un programme de type « leasing social » visant l’étalement du paiement du reste à charge (après déduction des aides, notamment les CEE) de la PAC sur une période de 3 ans.  

Industrie : vers une décarbonation totale d’ici 2035 

Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, doit identifier les procédés industriels pouvant être entièrement décarbonés d’ici 2030 ou 2035. Sa mission inclut également un état des lieux des capacités industrielles nationales en matière de pompes à chaleur, de véhicules électriques et d’équipements professionnels électriques. 

Financement : réaffecter les surplus liés à la hausse des carburants 

Enfin, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, est chargé d’étudier la possibilité de réaffecter les surplus de recettes fiscales générés par la hausse des prix des carburants. Ces fonds pourraient financer les mesures prioritaires du plan d’électrification, renforçant ainsi sa viabilité économique. 

Les enjeux multiples du plan d’électrification 

Ce plan d’électrification s’inscrit dans une double logique : réduire l’empreinte carbone de la France tout en sécurisant son indépendance énergétique.  Les semaines à venir seront décisives pour affiner les propositions et traduire ces ambitions en actions concrètes, dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus tendu. L’ensemble des mesures envisagées sera détaillé prochainement. 

Dans ce contexte, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) émergent comme un levier clé pour accompagner la transition énergétique des acteurs publics et privés. 

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